L’encéphalite à tiques revient dans l’actualité en Haute-Savoie où les autorités sanitaires ont signalé 13 cas depuis janvier 2026, après 19 cas en 2025, ce qui impose de mieux comprendre les risques, la prévention et les limites des mesures existantes.
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ToggleL’installation du virus en montagne et ce que dit la surveillance
Les signalements récents montrent que le virus responsable de l’encéphalite à tiques s’est installé de manière récurrente dans certaines vallées alpines. Des foyers ont déjà été identifiés dans la zone du Reposoir et autour de Thônes, et un regroupement de cas avait été noté entre Thônes et Annecy en 2024. Depuis mai 2021, la maladie est inscrite sur la liste des maladies à déclaration obligatoire, un dispositif qui permet de repérer les foyers et d’ajuster les recommandations locales.
La mise en évidence de cas successifs dans un même territoire traduit à la fois la présence continue de la tique vectrice et l’exposition régulière des populations ou des professionnels de plein air. Ce suivi épidémiologique aide à cibler les actions de prévention mais ne supprime pas l’existence d’un risque résiduel lors des sorties en nature.
Comment le virus se transmet ?
Le principal vecteur est Ixodes ricinus, la même espèce de tique impliquée dans la transmission de la borréliose de Lyme. Une différence importante entre les deux agents tient au mécanisme de contamination : le flavivirus de l’encéphalite est présent dans les glandes salivaires de la tique et peut être transmis très rapidement, parfois en quelques minutes. Retirer l’acarien rapidement réduit le risque, mais n’élimine pas totalement la possibilité d’une transmission.

Un mode de transmission non négligeable existe aussi par consommation de lait cru ou de produits à base de lait cru issus d’animaux infectés. Un foyer survenu dans l’Ain en 2020 a été lié à des produits fabriqués à partir de lait de chèvre non pasteurisé.
Quels signes doivent alerter ?
Beaucoup d’infections restent silencieuses, mais lorsque la maladie se manifeste elle débute souvent par des symptômes proches d’une grippe après une incubation d'une à deux semaines : fièvre, maux de tête, courbatures, fatigue inhabituelle. Après une amélioration transitoire, certaines personnes évoluent vers une phase neurologique plus grave : méningite, encéphalite, troubles de la conscience, convulsions ou paralysie localisée.
Avec le sous-type circulant en Europe occidentale, la mortalité est faible, inférieure à 1 %, mais les atteintes neurologiques peuvent laisser des séquelles importantes : jusqu’à 40 % des cas neurologiques conservent des séquelles pouvant persister des mois ou des années. Aucun traitement antiviral spécifique n’est disponible à ce jour, la prise en charge étant symptomatique et souvent hospitalière en cas de complications.
Retirer une tique : erreurs fréquentes et méthode à suivre
Sur ce point les idées reçues sont nombreuses. Les gestes réflexes dangereux incluent l’application d’alcool, d’huile, d’éther, la tentative de brûler la tique ou l’arrachage brutal. Ces méthodes peuvent écraser la tique, augmenter le risque de régurgitation et donc potentiellement de transmission.

- Utilisez un instrument adapté comme un tire-tique ou une pince fine, saisissez la tique au plus près de la peau et tirez lentement sans tordre.
- Désinfectez la zone après retrait et conservez la tique dans un petit récipient si un avis médical le demande.
- Surveillez l’apparition de symptômes pendant plusieurs semaines et consultez en cas de fièvre, maux de tête persistants ou signes neurologiques.
Ces étapes simples améliorent l’efficacité du retrait et limitent les complications locales. Vérifiez particulièrement les plis (aisselles, derrière les genoux, aine), le cuir chevelu et les zones difficiles d’accès chez les enfants.
Vaccination : qui devrait y penser et quelles limites ?
Qui est concerné par la recommandation vaccinale ?
Depuis juin 2026, la Haute Autorité de santé conseille la vaccination contre l’encéphalite à tiques à partir de 3 ans lorsque deux conditions sont réunies : résider ou séjourner dans une zone où le virus circule activement et pratiquer régulièrement une activité exposant aux piqûres de tiques, qu’il s’agisse d’un métier (agents forestiers, certains agriculteurs) ou de loisirs (randonnée fréquente, bivouac, trail, cueillette).
Quelles limites faut-il garder à l’esprit ?
Le vaccin protège spécifiquement contre l’encéphalite à tiques et ne couvre pas la maladie de Lyme ni d’autres infections transmises par les tiques. La primovaccination comprend trois doses et la décision doit être discutée avec un médecin ou un pharmacien qui évaluera le bénéfice en fonction du lieu de vie, de la fréquence des expositions et des facteurs de vulnérabilité. Même vacciné, il convient de maintenir les mesures de protection individuelles.
Prévenir au quotidien lors de vos sorties en milieu naturel
Sur le terrain, privilégiez des vêtements couvrants et de couleur claire pour repérer les tiques, restez sur les sentiers quand c’est possible et appliquez un répulsif homologué sur les zones exposées en respectant la notice. Contrôlez régulièrement enfants et animaux de compagnie lors du retour à la maison : les chiens et chats peuvent ramener des tiques dans l’habitat.
Enfin, la vigilance collective compte : signaler un cas groupé permet aux autorités de déclencher des investigations et d’alerter les populations à risque. Si vous vivez ou passez du temps dans des territoires où des cas ont été recensés, informez-vous auprès des services locaux de santé pour connaître les recommandations actualisées.
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Experte en santé et lifestyle, Eva aime allier passion et rigueur pour offrir du contenu de qualité.











